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dimanche 18 novembre 2012

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A l'heure où seul le présent compte, corollaire de la bobotomisation des élites et de l'abrutissement des masses consommatrices, quelques hérétiques hantent les bouquinistes en quête de fragments de notre mémoire culturelle. 

Le site Biblio-Obs inaugure une chronique tenue par l'un de ses lecteurs, Alexandre Loeber : L'oublié de la semaine.



Cette semaine : l'ex-célèbre Gaston Calmette, directeur du Figaro qui fut révolvérisé par l'épouse du ministre des Finances, Joseph Caillaux...





 


L'excellent Bibliomane moderne a pour sa part institué l'Académie des oubliés, dédaignés, insignifiants. Quarante sièges sont à pourvoir, neuf auteurs ont déjà été officiellement réhabilités :

Siège n°1 : Désyr Ravon
Siège n°2 : Pierre de Dampmartin
Siège n°3 : Barnabé Farmian Durosoy
Siège n°4 : Charles Dejob
Siège n°5 : Madame Laugier de Grandchamp
Siège n°6 : Jehan Leblond
Siège n°7 : Léon Riffard
Siège n°8 : Guillaume Guéroult
Siège n°9 : Stanislas Famin




mercredi 10 octobre 2012

Le livre et la tomate







« Les seules personnes nécessaires dans l’édition sont maintenant le lecteur et l’écrivain. » C’est du moins ce que pense M. Jeff Bezos, PDG d’Amazon. La disparition des métiers du livre, depuis l’éditeur jusqu’au bibliothécaire en passant par le libraire, et toute la chaine des artistes et artisans de l’imprimé (illustrateur, maquettiste, correcteur, imprimeur, etc.), n’est pas seulement un corolaire de l’économie libérale mondialisée, elle est nécessaire à celle-ci. La transformation de la culture en simple produit de consommation-divertissement présuppose l’élimination des apports individuels et humains, la négation des savoirs et compétences. M. Bezos oublie d’ailleurs de dire que les auteurs ne sont quasiment plus payés, s’ils ne sont pas des « stars » : ils sont en voie de devenir de simples sous-traitants délocalisés de diffuseurs tels qu’Amazon.

Certains ont décidé d’entrer en résistance, et ont créé le groupe des 451, du nom du célèbre roman de Ray Bradbury, qui dépeint un monde heureux dans lequel les livres sont brûlés. Les 451 refusent la fatalité totalitaire : « C’est parce que nous prenons la mesure du désastre en cours que nous sommes optimistes: tout est à construire. »

Toujours selon M. Bezos, grand penseur de la finance culturelle, « le livre papier, c’est la technologie d’hier». Les 451 récusent ce présupposé : « nous refusons d’emblée le terme de ‘livre numérique : un fichier de données informatiques téléchargées sur une tablette ne sera jamais un livre. » Nous verrons très bientôt si M. Bezos et ses pareils réussiront à faire disparaître le livre, comme ils ont déjà réussi à mettre dans nos assiettes des aliments sans goût, et, accessoirement, nocifs pour l’être humain.

Le cas de l’agriculture est intéressant, puisqu’elle a déjà subi ce qu’est en train de vivre la culture : elle est devenue une simple branche de l’industrie agro-alimentaire. Le manifeste des 451 cite un paysan :

« Avant, il y avait la tomate. Puis, ils ont fabriqué la tomate de merde. Et au lieu d’appeler la tomate de merde “tomate de merde”, ils l’ont appelée “tomate”, tandis que la tomate, celle qui avait un goût de tomate et qui était cultivée en tant que telle, est devenue “tomate bio”. À partir de là, c’était foutu.»




Une ex-librairie à Paris

dimanche 22 juillet 2012

Librairie bannie


Une librairie de Paris a disparu en ce mois de juillet, une de plus, une parmi tant d'autres (voir notre post de 2009 : La Mairie de Paris aime les librairies et notre hommage à la librairie Privat).

Celle-ci, animée par une jeune libraire, Céline Poisat, était une petite institution au charme intact, ancien siège des éditions surréalistes Au sans pareil, située rue du Cherche-Midi.

Elle s'est battue, et à trouvé des relais et soutiens inattendus, dans la presse (article de Libération) et dans le voisinage, à commencer par Gérard Depardieu, qui l'a invitée chez lui pour un vernissage hommage, le 22 juin.



"J'aime une oeuvre ancienne pour sa nouveauté" (Tristan Tzara, Manifeste Dada)

Dans mes péripéties, je suis flattée du soutien apporté et de la confiance de Gérard Depardieu, qui m’a confié une partie de sa maison, qui abrita autrefois la Maison des Écrivains dirigée par Chateaubriand, pour vous recevoir ce soir, afin de vous présenter ce qui nous tient à coeur depuis longtemps :

La peinture, la photographie, le dessin, l’écriture, bien sûr, et les artistes, les créateurs, sans lesquels le monde d’aujourd’hui ne serait qu’un agglomérat d’habitudes sans goûts, sans substance et sans foi, monde dans lequel la résistance n’aurait plus de sens.

Cette rue du Cherche-Midi, carrefour chargé d’histoire féconde et d’aventures qui nous le croyons, ne disparaîtront jamais, a vu passer Charles Baudelaire, André Breton, Tristan Tzara, Ernst Jünger…

Je remercie tous les journalistes qui se sont intéressés au cas de la librairie, et plus généralement à la disparition des librairies et des lieux de vie et d’échanges culturels à Paris et ailleurs… Puisque que beaucoup avaient déjà parlé de la disparition de Paris, qui continue à se vérifier, et alors que plus personne ne pensait que le Journalisme existait.

La librairie se résout difficilement à devenir complètement nomade, même si "Il faut être nomade, traverser les idées comme on traverse les villes et les rues", comme le disait Picabia. Car elle ne pourra plus être plus un repère, un lieu d’accueil pour les artistes, servir de vitrine pour des esthétiques et des idées nouvelles et anciennes avec autonomie, si elle ne possède pas de lieu nouveau, dans lequel nous déposerons cet Esprit, où nous continuerons à encourager la liberté, le discernement, l’élégance et qui ne finiront jamais de rendre possible de réinventer la vie.

Nous sommes ravis de vous accueillir, et profitons de ce moment, à l’allure d’exil, pour remercier tous les gens qui ont participé à cette aventure : amis, voisins, artistes, bibliophiles, familles, artisans, collectionneurs, et Gérard Depardieu, en amateur éclairé, qui nous permet aujourd’hui de pouvoir vous dire simplement : "Buvons à l’amitié, buvons au caractère".

Céline Poisat


La librairie, devenue SDF, reste en activité : Livre rare book

mercredi 21 mars 2012

Patrimoine culturel




Ricochet, le plus important site francophone consacré à la littérature jeunesse (4 millions de visiteurs par an), est sauvé.

Créé à Charleville-Mézières et soutenu par la région Champagne-Ardenne, il a finalement été délaissé par les politiques, comme bien d'autres institutions culturelles françaises de grande qualité, qui, ces dernières années, ont été sabordées au profit de gadgets nouveaux.

Mais Ricochet ne connaitra pas le sort de Livres au Trésor : il s'est délocalisé en Suisse, où il est désormais hébergé par l’Institut suisse Jeunesse et Médias (ISJM), organisation sans but lucratif, financée par des fonds publics et privés.




Le fonds de Janine Despinette, créatrice de Ricochet, passe lui aussi en Suisse. Cette bibliothèque exceptionnelle, riche de 60 000 ouvrages et d'archives personnelles rares, sera mise en valeur à Lausanne, dans ce qui deviendra, à terme, un centre international de documentation et d’exposition. Son livre, Les Imagiers de la littérature en couleur, commentera cette donation et montrera toute l’importance du regard qu’elle a porté, depuis plus de 50 ans, sur les artistes qu’elle a aimés - et souvent découverts dans le monde entier. Janine frétille à l’idée de venir travailler en Suisse, indique Etienne Delessert.

Longue vie à Ricochet, félicitations à Jeanine Despinette, à Etienne Delessert et à toute l'équipe du site - honte à la France.

mardi 31 janvier 2012

Le livre à la mode ?



Il paraît que les livres de collection n'intéressent pas grand monde...

Pourtant ce petit blog de libraires reçoit en moyenne 68 visites par jour, soit près de 500 par semaine. 

Depuis sa création il a été consulté par 80 000 internautes, qui ont regardé 130 000 pages...


dimanche 18 décembre 2011

Cours camarade ! (L'avenir est derrière toi...)

"Les livres sont-ils malades de la crise ?

Alain Serres est directeur des éditions Rue du monde et s’inquiète à ce titre de l’annonce de l’augmentation de la TVA sur le livre. Il lance une campagne de sensibilisation.

Comment la filière du livre se porte-t-elle actuellement ?

Le monde du livre va mal. En 25 ans, le temps que les Français consacrent à la lecture de livres ou de journaux, y compris sur le Net, a baissé de plus de 30% ! Et comme si cela ne suffisait pas, la crise vient plomber les ventes. Les chiffres nous montrent que si la somme dépensée lors d’une visite en librairie augmente légèrement cette année, elle chute dans les grandes surfaces et s’accompagne d’une baisse du nombre d’acheteurs en librairie. Certains consomment donc davantage alors que le plus grand nombre restreint ses dépenses en livres…

Quelle conséquence pour les libraires ?

Les libraires enregistrent une régression de leur chiffre d’affaires, eux qui voient déjà leurs ventes amputées de 10% des achats qui s’effectuent désormais via Internet. Il en faut très peu pour que les petites librairies, à l’économie précaire, passent sous la ligne rouge. Or elles sont vitales pour nos livres. Il en va de même pour les petites maisons d’édition, qui font la richesse du paysage éditorial. Les auteurs et les illustrateurs voient également leurs rémunérations diminuer puisqu’elles sont liées aux ventes. Quant au monde de l’imprimerie, il souffre beaucoup. Notre relieur avec ses 120 salariés est en liquidation en cette fin d’année… C’est toute la chaîne du livre qui subit la crise."
(Source : SNUIPPP)


A propos, nous vous recommandons un blog sans image aucune :

jeudi 15 décembre 2011

Bonne(s) nouvelle(s) !



Sotheby's a mis en vente à New-York un document anecdotique mais historique, le contrat signé entre Jobs et ses associés créant la société Apple.

Ces quelques feuilles ont été acquises pour la somme respectable de 1 594 000 dollars (voir la notice ici). 

En février 2010, un exemplaire du premier album de Superman, modeste fascicule publié en 1938, a été adjugé 1 000 000 de dollars (il faut dire qu'il était en bon état).





C'est une double bonne nouvelle. Cela veut dire qu'il reste un peu d'argent disponible pour les papiers de collection, malgré la crise. De plus, nos lecteurs fortunés seront sans doute heureux d'apprendre que pour le même prix - voire même un peu moins - les libraires d'ancien pourraient leur constituer une merveilleuse bibliothèque, contenant des joyaux qui pourront les enrichir intellectuellement et humainement, et les faire rêver pour de longues années...!

 






vendredi 15 octobre 2010

La culture en progrès



Les milliards de la mode et des enchères au service de l'abrutissement généralisé...

(Merci Monsieur Bergé !)


mercredi 23 décembre 2009

Humeur : Les petits cacas des bébés bobos



Nous vivons en un temps où un étudiant bien né croirait déchoir s'il exerçait ses talents dans d'autres domaines que ceux de la création-communication, tout comme les nobles de l'Ancien régime dédaignaient les activités marchandes, bonnes pour les bourgeois.


Ces jeunes gens -et surtout jeunes filles- sont soignés de leur personne, ils ont l'allure agréable, le sourire utile et la tête assez vide. Une fois qu'ils ont découvert que MM. Google et Taschen ne pouvaient pas tout leur fournir, ils vont tirer les sonnettes. Ils sont très forts pour cela. Ils vous envoient des petits mails pour vous faire l'honneur de vous solliciter, et vous informent qu'ils sont même prêts à se déplacer pour que vous leur donniez ce dont ils ont besoin. Jamais ils ne remercient, jamais ils n'échangent. A ces enfants rois, tout est dû…


Certains dans le lot sont doués, ou ont un embryon d'idée. Il est rare qu'ils puissent faire fructifier ce don, dans la mesure où ils n'envisagent même pas d'assimiler la culture du domaine qui les intéresse. L'histoire et la technique les ennuient. Ils ont voyagé, savent taper sur un clavier et parler anglais, c'est bien assez. Tout ce qui n'est pas issu d'eux-mêmes ou de leur milieu est dénué d'intérêt, sauf éventuellement pour le plagier. En effet, ces petits bourgeois bien éduqués manifestent une absence totale de scrupules et de sens critique. "Je veux réaliser ça, donnez moi de la matière, que je puisse copier-coller, et signer de mon précieux paraphe".


Une fois que le bobo nouveau a produit son petit caca, il nous demande sans vergogne d'applaudir. Certes ça ne lui a pas coûté beaucoup, certes il n'y a rien mis de lui-même, mais ça sort de lui, le fumet en est forcément admirable… Pour autant le narcissisme du bobo jeune n'est pas égoïste : il adore ses pareils, contemple leur nombril sur Facebook*, écoute des chanteurs qui n'ont qu'un prénom et pas de voix raconter leurs tourments existentiels, et se presse dans les vernissages d'art contemporain et les expos de photographie. Tout ce qui compte est que cet art soit creux et vain, qu'il ne l'implique en rien, se consomme et s'évacue sans marquer (telle la bien nommée nuit blanche…). Le petit bobo est grandement encouragé en ce sens par les autorités financières, publicitaires et culturelles, qui investissent pour lui, à l'exemple du parrain gâteau des petits bobos, le maire de Paris.


Au XIXe siècle, des prédécesseurs qui se voulaient "artistes" et arboraient cravates à la mode, pondaient des recueils de poésies ou tablotins sans âme, resucées de Coppée ou Bonnat… Tous les créateurs ne peuvent pas être doués, et les imitateurs par définition suivent l'air du temps, c'est à dire ce qui sera considéré par la génération suivante comme de l'académisme. A cette différence près que ces ancêtres avaient acquis une certaine culture, étaient capables d'efforts et d'humour, pouvaient sauter un repas pour se payer du papier, et ne vivaient pas forcément aux crochets de la collectivité…


JD


* Facebook = "livre des visages" ? C'est le livre préféré du petit bobo, un livre qui a la particularité de ne pas ouvrir à l'inconnu, mais de clore sur soi-même : "Miroir... miroir... dis-moi qui sont mes clones, je les nommerai amis".


samedi 17 octobre 2009

15 000 visiteurs !


Ce blog a reçu plus de 15 000 visites
en 10 mois.



Moralité :

les livres intéressent encore

- surtout quand ils sont sur écran... -

mardi 2 juin 2009

Tant qu'il y aura des libraires





La librairie galerie Emmanuel Hutin vient de publier
un remarquable catalogue :


Pierre Unik

(1909 - 1945)


Il présente un ensemble d'ouvrages provenant de la bibliothèque de Pierre Unik, mais aussi une précieuse biographie de cet écrivain et cinéaste surréaliste,
proche de Bunuel et Renoir (80 pages !), avec bibliographies, filmographie et index. L'ensemble est très élégamment présenté.

Librairie Emmanuel Hutin
5 rue d'Argenson, Paris 8e - 01 42 66 38 10

jeudi 1 janvier 2009

Humeur : LA MAIRIE DE PARIS AIME LES LIBRAIRIES





Il ne se passe pas de mois sans qu'une librairie d'ancien ou une bouquinerie disparaisse des quartiers parisiens.

Les facteurs sont multiples, et la mairie de Paris prétend agir en faveur des petits commerces culturels. Mais il y a loin des discours lénifiants de M. Delanoë aux actes...

Dans le même temps les crédits d'achat des bibliothèques de la ville de Paris sont drastiquement réduits (Mme Thatcher elle-même n'était peut-être pas allée aussi loin que M. Delanoë dans ce domaine !).

La culture, pour la mairie de Paris, c'est l'animation et la communication, un point c'est tout :
le 104, la Nuit blanche et Paris plages...

La mairie de Paris aime les librairies (mortes).

Vous pouvez nos adresser vos photos de librairies disparues (en précisant l'adresse et si possible le nom de la librairie)  : courriel